Genèse Maçonnique

L’histoire se raconte

Genèse Maçonnique

L’humanité occidentale venait de survivre au tournant de l’An Mil. La Grande Peur s’était évanouie, l’apocalypse n’avait pas eu lieu. Dans un élan commun, l’Europe médiévale tenait plus que jamais à vénérer et honorer l’immense bonté de Dieu. Dans l’espace de quelques siècles, le paysage allait se recouvrir d’un blanc manteau d’églises et de cathédrales. Cet opus Dei (œuvre de Dieu) allait devenir réalité grâce à une poignée de bâtisseurs hors du commun.

Ces hommes étaient regroupés  dans des corporations de métiers. Chaque membre était soigneusement sélectionné, formé et initié aux secrets de la profession. Un serment, passible de la peine de mort, les liait pour toujours à leur groupe d’appartenance. Le but suprême des jeunes Apprentis était de réaliser un chef-d’œuvre et d’accéder au statut de Compagnon. Les plus instruits devenaient Maitre et dirigeaient les constructions aux côtés des architectes. Ils étaient des hommes libres, circulant sans contrainte d’un chantier à l’autre à l’intérieur d’une Europe politiquement morcelée. Ils travaillaient du jour commençant au jour finissant et s’abritaient dans de modestes Loges de bois accolées aux murs des édifices sacrés encore inachevés.

Cet univers allait disparaitre avec le grand schisme religieux du XVIe siècle, à savoir l’émergence du Protestantisme. En ces temps-là, en Écosse, des confréries de Maçons ou free masons essayaient tant bien que mal de vivre de leur art. Avec l’avènement de la Réforme sur la grande ile, notamment de l’Anglicanisme, les constructions de cathédrales avaient brusquement cessé. C’est alors que ces tailleurs de pierres écossais admirent dans leurs Loges des gens riches et influents qui n’appartenaient pas au métier. En contrepartie de dons substantiels, ces Maçons Acceptés ou Gentlemen Masons allaient être initiés aux secrets de la Maçonnerie Opérative. Ceci étant fait, ils ne revenaient généralement plus dans leur Loge mère. Toutefois, ces nouveaux Maçons spéculatifs établirent des sociétés initiatiques de pensées qui continuèrent à se dénommer Loges Maçonniques. Les outils du métier étaient désormais utilisés dans un cadre symbolique à portée philosophique. Par ailleurs, la morale des anciens opératifs était conservée et avait pour référence les constitutions des confréries de métier: les Anciens Devoirs ou Landmark. Ce type de Franc-maçonnerie dite Spéculative débouchera en 1717 à la création en Angleterre de la Grande Loge de Londres et de Westminster, point de départ de la Franc-maçonnerie Obédiencielle actuelle. En 1723, le pasteur écossais James Anderson donnera à cette société ses Constitutions propres, véritables textes fondateurs de la Franc-maçonnerie moderne, principalement basés sur la tolérance et la fraternité.

Dès 1688, un exode jacobite massif vers le royaume de Louis XIV avait permis à la Franc-maçonnerie de prendre pied en terre de France. Le discours du chevalier de Ramsay (jacobite écossais) à Paris en 1736 deviendra le document fondateur de la Franc-maçonnerie Française. Ce texte qui invite au progrès des connaissances, à la philosophie et à l’humanisme tout en faisant référence aux ordres chevaleresques, aux croisades et aux religions à mystères de l’Antiquité, donnera une dimension nouvelle à la Franc-maçonnerie. Il sera également à l’origine du R :.E :.A :.A :.  qui deviendra par la suite le Rite Mac :. le plus pratiqué au monde.

Très rapidement, la Franc-maçonnerie n’aura de cesse de s’étendre sur toute la surface du globe. De nos jours, avec plus de sept millions de membres dans le monde, la Franc-maçonnerie représente la plus grande société initiatique occidentale.

F. Second Surveillant J.P. G.
10/9/2019